mercredi 30 janvier 2013

Ecouter Colette


La voix de Colette est totalement inattendue. Ce n'est pas celle que l'on entend en la lisant… Ce n'est pas celle, non plus, qu'une actrice devrait lui prêter si elle interprétait son rôle. Colette était bourguignonne, et impénétrable… Comme actrice, elle démarra dans le muet ! Je vous laisse le plaisir de découvrir cette voix étrange, à travers une archive de l'INA. Je vous abandonne surtout le soin de tenter de la décrire !

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPC80051511/colette.fr.html


samedi 12 janvier 2013

artiste majeur


" C'est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance,
Un équilibre fragile, un oiseau dans l'orage,
Une frontière étroite entre souffrance et espérance,
Ouvre un peu les yeux, c'est surtout un monde de courage.

Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c'est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l'envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l'énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.

Parfois la vie nous teste et met à l'épreuve notre capacité d'adaptation,
Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce sixième sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre. "


Les trois dernières strophes de Sixième sens, slam de Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade.

Sous le titre Patients, Fabien vient de publier, aux éditions Don Quichotte, la relation de son séjour à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, après son accident. Lecture féconde…

jeudi 10 janvier 2013

mise en vente


Ces photos ou dessin divers, pour vous inviter à découvrir, peut-être acquérir un de mes romans… Ceux-ci peuvent désormais être commandés, en belle édition, à fleroux08@gmail.com 
18 €, frais d'expédition inclus  Chèques bienvenus, liquide, virement, cigarettes, chocolat… Chèques surtout !

TOUT EST BLEU CE MATIN est un roman court, très dialogué, assez drôle je crois. Il évoque les dernières années de Colette, l'écrivain, au Palais-Royal. On dit qu'elle mena, plus jeune, une vie "scandaleuse". On dit aussi qu'elle était sans morale, presque inhumaine… Je ne le crois pas. Femme singulière, authentique génie, j'imagine que la même question se pose à elle comme à nous : sera-t-elle en paix au moment de de mourir ?



MON PÈRE A LES CHEVEUX LONGS, COMME MOI… est un roman-rock un peu trop fouillé, moins mûr que TOUT EST BLEU mais, si j'ose écrire, rempli de petites trouvailles littéraires. Il évoque la pop anglaise, des Kinks à Bloc Party, certains créateurs géniaux comme David Bowie ou Martin Gore. En filigrane, un portrait du chanteur de Depeche Mode, Dave Gahan, rescapé sublime. Roman choral, c'est avant tout l'histoire de l'amour père-fils…


Deux BLOGS relatifs à chacun de ces livres permettent de s'en faire une idée, ou d'en approfondir la lecture…


jeudi 27 décembre 2012

trabajar


Je travaille actuellement avec deux ordinateurs. En orthophonie, on parle d'attention divisée : c'est très important, on ne s'en rend pas compte avant d'avoir connu des difficultés d'ordre neurologique… C'est très important de pouvoir penser deux ou plusieurs choses à la fois…

L'Effrontée de Claude Miller n'est plus à présenter. Elle est peut-être à redécouvrir. Chaque fois que je la revois, depuis bientôt trente ans, j'admire plus profondément la perfection de cette histoire, de sa narration, le miracle de son casting… la beauté classique de sa photo, l'impertinence délicieuse de Brialy… Il me semble que ce film-là a dû être une source d'inspiration, peut-être inconsciente, pour certains des très bons cinéastes d'aujourd'hui…

Sur l'autre ordi, je transfère l'un après l'autre les fichiers de l'ancien, opérant un tri, laissant des choses, en récupérant d'autres… avec parfois un peu de difficulté : nombre des copies, des variantes, sous les divers logiciels de traitement de texte dont il a fallu changer plusieurs fois depuis vingt ans. C'est un peu comme un défi ! Ou bien j'y écris, j'y brouillonne les idées plus actuelles…


Tout est bleu ce matin, le roman autour duquel gravite ce site, est disponible sur simple demande à fleroux08@gmail.com. Le livre tient de la novela et de la pièce de théâtre : court, très dialogué… Il relate avec respect, émotion et humour les dernières années de la vie de Colette. 18 €, en belle édition, frais d'expédition inclus.

samedi 22 décembre 2012

Un Noël sans neige ? On avait oublié ce que c'est…

Cette année encore, nous ne sortons pas de l'hiver. Plus long, plus dur, plus hivernal que d'habitude, on n'y sentit pas durer encore l'automne, commencer déjà le printemps. Un colosse glacé, enneigé et sale écrasa le petit peuple des saisons, qui tendent au mélange, imposa à Paris son diktat cruel. Pour la première fois, je fermai ma fenêtre. Je m'inquiétai pour Pauline qui prit une longue, une sale toux et ne la quitta que peu à peu, avec des reprises, des rechutes. Pauline amoindrie, presque abattue, ce n'était pas possible ! 
  

Nous mîmes à double contribution la femme de ménage, et trouvèrent pour notre Pauline des auxiliaires inattendus. Je demandai en effet à Maurice de répondre à l'appel de l'abbé Pierre, et d'ouvrir notre porte aux malheureux sans-logis. Oh, il ne l'ouvrit pas sans grincer, et je gage qu'il opéra une rigoureuse sélection ! Mais Gérard  et Catherine s'avérèrent, pour le nombre de semaines qui séparaient Pauline de la guérison, pour celui qu'il fallut avant qu'ils ne trouvent un hébergement plus cohérent, des compagnons jeunes, actifs et, ma foi, bien drôles…
     
– Alors mame Colette, ça va-t-i' mieux votre jambe, ce matin ?
– Monsieur Gérard, vous ne le croirez pas : je ne sens pas mon mal ce matin ! Je pense même que je vais me mettre debout !
– Vingt dieux ! Mais toutefois, il ne faudrait pas que ça dure…
– Vous ne souhaitez pas me voir guérir ?
– C'est que je ne vous connais pas depuis longtemps, mais je vous ai déjà cernée. Pour un peu qu'on vous rendrait vos jambes, vous auriez vite fait de prendre la poudre d'escampette, et on ne vous reverrait pas de si tôt.
– Quelle pénétration ! Mais où serait le mal ?
– Pensez ! Ça en ferait des malheureux, dans cette maison !
– Eh bien, nous allons déjà voir si je peux marcher jusqu'au jardin…
   

Ce jour exceptionnel de mars finissant, je me vis, miraculée, capable de descendre de chez moi avec une seule canne, et le bras de Gérard au soutien du mien. Oh… Comme tout est différent, moi qui ne connais plus mon jardin que de haut, comme tout est différent au ras du sol ! C'est autrement plus agressive que l'odeur de la terre retournée vient aux narines, quand on se penche de près sur elle… Et ces lombrics, et ces cocons pleins de minuscules araignées à naître, et les délicieux cornets des toutes premières feuilles de rosier, si petits, si détaillés, si rouges… je ne connaissais plus l'existence de tout cela ! 

Je me promène entre les plate-bandes, je regarde sous les arcades les vitrines qui me sont neuves elles-aussi, car enfin, je ne savais pas que des couturiers tenaient désormais boutique au Palais-Royal, ni des chausseurs… Peut-être ne devrais-je pas borner là mon excursion, et si nous marchions jusqu'à la place du Carrousel ? Et si…

   
Tout est bleu ce matin
© Frédéric Le Roux, 2012


lundi 10 décembre 2012

Ralf König : l'esprit indispensable

Un monde, le monde…






Ralf aujourd'hui a ses expositions muséales. Il dessine un peu moins souvent le milieu des mecs gays et cuir au profit de thèmes tels que la religion et ses excès, l'écologie, les femmes, eh oui ! Mais son esprit, sa conscience, son humour, ses angoisses nous demeurent indispensables…


Moins réaliste, moins social que Ralf, le domaine délicieux, plus jeune, du belge Tom Bouden…

mardi 3 juillet 2012

L'écriture…


J'ai nourri "Je t'aime, Colette" depuis une petite année, alors que je me battais avec d'importants problèmes de santé. J'ai eu un accident vasculaire cérébral en mars 2011. J'ai eu la chance de ne pas avoir de séquelles physiques, de ne subir que le minimum de dommages au plan neurologique. Mais même le "minimum", après un AVC, c'est copieux ! 
    
Ça va nettement mieux aujourd'hui. Il y a encore du chemin, les progrès sont lents, mais ils sont continus… Merci aux gens merveilleux que sont les médecins, les infirmiers. Merci du fond du cœur à Christophe et à tous mes proches. Merci également à ce blog, à l'exercice qu'il a été pour moi, à ceux qui y ont trouvé de l'intérêt et me l'ont quelquefois chaleureusement témoigné.
       
Parmi ces pages numériques, des textes de Colette, des textes de ma main, des images, des poèmes, des couleurs… "Je t'aime, Colette" fait pendant à un roman, Tout est bleu ce matin, qui décrit et imagine les dernières années de l'écrivain et revient sur des moments-clé de sa vie. Ce roman cherche encore son éditeur… J'envisage cependant une édition limitée, personnelle, et j'invite ceux que le livre intéresserait à me contacter : fleroux08@gmail.com
     
Le roman est meilleur que le blog, qui porte les traces du handicap qui était, est encore, dans une certaine mesure, le mien. Disons, pour ne pas être trop sévère avec moi-même, que ce blog est inégal… J'espère seulement y avoir sauvegardé, y avoir fait passer quelque chose d'un amour aux origines mystérieuses, une passion orgueilleuse, humble pourtant, nécessairement : l'écriture.
     
Il est temps que je marque une pause dans ce blog. Quelqu'un en moi aspire au repos ! Merci encore, et à bientôt ?